FacSimilé du courriel envoyé par Bienvenu, le Président de ABED-Bénin

Bonjour chers amis de TerreAuBénin

Je me permets de vous faire un rapport un peu détaillé de mes échanges avec les paysans du village Kinto
Il y avait en tout 25 personnes ressources (11 hommes, 8 femmes et 5 enfants élèves) trois chefs coutumiers et le chef de village qui nous a quitté en cours de réunion pour une urgence.

La réunion a commencé par une brève présentation. J'ai présenté TerreAuBénin

Ensuite j'ai voulu que nous ayions un aperçu global des besoins du village. Donc tour à tour, le chef de village a laissé chacun s'exprimer... J'ai voulu qu'ils fassent ressortir des besoins concrets donc j'ai individualisé les réponses.

Les agriculteurs se plaignent de la dureté du travail à la houe, sans intrantsEn agriculture intensive (non bio), on appelle " intrants " les différents produits apportés aux terres et aux cultures, qui ne proviennent ni de l’exploitation agricole, ni de sa proximité.
Les intrants ne sont pas naturellement présents dans le sol, ils y sont rajoutés pour "améliorer" le rendement des cultures.
Les principaux d’entre eux :
les produits fertilisants : engrais et amendements,
les produits phytosanitaires, de la famille des pesticides : produits utilisés pour l’éradication des parasites des cultures.
Les activateurs ou retardateurs de croissance, les semences et plants.
, et les incertitudes liés aux changements du temps, du climat…
Eux sont pour le développement de technique d'irrigation par pompage de l'eau de la rivière, d'avoir un ou deux motoculteurs à louer pour le travail du sol... et de nouvelles techniques de culture comme ce que ABED-Bénin ABED-Bénin est l'association partenaire de TerreAuBénin.
ABED-Bénin milite pour l'éco-développement, pour une agriculture durable et écologique en bio et permaculture.
Plusieurs de ses ingénieurs travaillent sur la production d'un engrais naturel qui est à même de remplacer les intrants chimiques en présentant le sol et les aliments qu'il produit.
fait déjà avec eux sur la ferme « Une place sous le soleil »A ce jour, TerreAuBénin (TAB), part ses actions, leur a fourni les ressources nécessaires pour acheter 3 hectares à 800 m du village de Kinto Oudjra.
C'est sur ces terres que s'est installée la ferme « une place sous le soleil ».
Une paillote (accueil de 20 personnes) et un forage à 18m pour l'eau potable ont également été financés.
ABED-Bénin a bénéficié par l'intermédiare de TerreAuBénin d'un don de semences biologiques par « semences sans frontières » de KoKopéli 
.
Les jeunes quant à eux disent qu'il n'y a rien à espérer au village, plus de poissons dans la rivière, l'agriculture est incertaine or il faut nourrir sa femme et ses enfants. Ils sont obligés de partir en ville pour faire n'importe quoi. Ils veulent de quoi s'occuper. Je signale que certains travaillent avec nous sur la ferme Les villageois qui ont travaillé sur la ferme ont commencé à apprendre des méthodes de pratiques agricoles en permaculture : plantation de 3 graines en association pour un bénéfice réciproque. Le maïs sert de tuteur aux haricots qui lui apportent, par leurs racines, de l'azote dont il a besoin et les courges recouvrent le sol pour les protéger de l'évaporation de l'eau du sol. . Le manque d'eau nous limitait, mais on fera de mieux en mieux avec le forage installé.

Les femmes, elles, souhaitent avoir de quoi faire du commerce, des microcrédits pour investir dans un secteur, elles se plaignent de l'état de la route (3 kms) qui relie le village à la voie principale en cours de bitumage actuellement.
Le commerce du poisson n'est plus possible, car il n'y en a plus dans la rivière(surpêche) l'état de la voie les enclave disent-elles et les empêche d'envoyer leurs produits agricoles sur le marché de Zinvié ou vers Cotonou.
Ensuite, elles craignent de laisser les enfants partir à l'école à cause de la rivière à traverser dans des pirogues qui ne sont pas sécurisées (plusieurs cas d'accidents de noyade ont été dénoncés). A cause de cela plusieurs enfants ne sont pas scolarisés. Voilà pour l'essentiel je crois de ce qu'on peut retenir.

Les élèves, les enfants ont dit qu'ils ont très peu de chance de réussir à l'école car à la rentrée leurs parents n'arrivent pas à solder la scolarité à temps, ils sont souvent renvoyés des classes. Les fournitures scolaires se résument à quelques cahiers, sans livres.
Les filles avouent que c'est pour cela qu'elles se marient très jeunes car c'est le seul moyen pour survivre et avoir de l'aide d'un homme, elles quittent donc l'école.

En général les besoins des femmes sont bien différents de ceux des hommes pour la plupart des activités sauf une seule sur laquelle les deux groupes se rejoignent : c'est la pisciculture. En effet, le village, Kinto et sa population n'était qu'en campement de pêcheKinto à l'origine n'était qu'un campement saisonnier avant de devenir un village dans lequel les villageois se sont sédentarisés avec une activité de pêche trop intensive qui a conduit à une diminution inquiétante et drastique de la réserve de poissons). C'est sur ces questions que nous nous sommes quittés avec l'idée qu’ils vont réfléchir et faire des propositions concrètes à chacune de ces questions.. Aujourd'hui c'est un village à part entier avec plus de 2000 ha pour l'ensemble des trois villages (Kinto Oudjra, Kinto Agué et Kinto Dokpakpa). Nous sommes situés dans la partie Kinto Oudjra.
Autrefois, les hommes allaient à la pêche et les femmes étaient chargées soit de le vente du poisson frais soit de la transformation en poisson fumé et sa vente au Marché de Zinvié. C'était donc la chaîne de valeur traditionnelle.
Aujourd'hui, le poisson est rare dans la rivière donc il y a eu reconversion à l'agriculture, sauf qu'avec des ressources encore archaïques et sans technologie appropriée l'activité agricole ne leur réussit pas. C'est l'une des raisons fondamentales pour lesquelles les terres sont vendues en grande pompe aux riches nationaux ou internationaux. C'était la parenthèse.

J'ai ensuite présenté les deux idées de projets : l'eau potable pour le village et la pisciculture.
J'ai pris les avis sur le choix à faire :
Pour l'ensemble, ils ont opté pour la pisciculture car l'eau dont ils disposent ne les rend pas malades ont-ils conclu. Mais je leur ai aussi parlé des difficultés à mener à bien un tel projet: terres (si c'est sur le site de Abed Bénin ou sont-ils prêts à donner un espace pour un aménagement communautaire?), organisation du travail (qui, comment), la répartition des retombées